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Cérémonie des voeux 2009

 

Cérémonie de présentation des Voeux de Nouvel An aux chefs de la Cour Suprême par le corps judiciaire

22 janvier 2009

Photo de famille

Allocution du Premier Président de la Cour Suprême

Monsieur le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale,

Les membres de la Cour Suprême vous remercient d'avoir sacrifié votre temps précieux pour assister à cette cérémonie de présentation de vœux aux Chefs de la haute juridiction.

Ils vous souhaitent la bienvenue parmi eux.

Monsieur le Secrétaire Général du Ministère de la Justice,

Madame le Conseiller Technique et Messieurs les Directeurs dudit Ministère,

La Cour Suprême est heureuse de vous accueillir à l'occasion de cette traditionnelle cérémonie.

Vous êtes nos invités spéciaux, soyez en profondément remerciés.

Mesdames et Messieurs les magistrats,

Monsieur le Bâtonnier de l'Ordre National des Avocats,

Madame la Présidente de la Chambre Nationale des Notaires,

Monsieur le Président de la Chambre Nationale des Huissiers,

Très Chers Maîtres,

Mesdames et Messieurs, Honorables invités,

L'année écoulée n'a pas été tout à fait rose pour la famille judiciaire qui a connu plus d'évènements malheureux qu'heureux.

En effet la plupart de ses membres ont perdu un grand-père, une grand-mère, un père, une mère, un oncle, une tante, un beau-frère, une belle sœur, un époux, une épouse, un neveu, une nièce, un cousin, une cousine, un fiancé, une fiancée, un collègue, une collègue, un confrère, une consœur, un collaborateur, une collaboratrice, un chauffeur, bref un être cher.

A toutes ces personnes éprouvées et à leurs familles, vont notre profonde compassion et notre sympathie émue.

Pour tous ceux qui nous ont précédés dans ce voyage sans retour et que nous retrouverons peut-être un jour par la grâce de Dieu dans l'une de ses nombreuses demeures, pour tous ceux-là, je vous prierais de bien vouloir vous lever pour observer une minute de silence.

Monsieur le Président de la Chambre Administrative,

Monsieur le Procureur Général et moi-même vous remercions pour vos propos fort aimables et les vœux chaleureux qu'en votre nom personnel et au nom de l'ensemble de la famille judiciaire de Yaoundé, vous venez d'exprimer à notre endroit ainsi qu'à celui de nos familles respectives.

La sincérité de ces propos a de quoi démentir Epicure (philosophe grec du IIIème siècle av. JC) qui affirmait, je le cite, que «les hommes demandent à Zeus beaucoup de choses nuisibles à leurs semblables».

Particulièrement sensibles au bilan élogieux que vous venez de mettre à notre actif, bilan réalisé grâce à la collaboration de tout le personnel magistrat et non magistrat, nous ne manquerons pas, au cours de l'année qui commence tout en nous inspirant de vos suggestions d'apporter des solutions appropriées aux problèmes évoqués dans la mesure des moyens mis à notre disposition.

Nous savons tous que les moyens de la justice sont limités. Heureusement ou malheureusement ce n'est pas l'apanage de notre pays car les statistiques démontrent que c'est le sort peu enviable néanmoins réservé à tous les services judiciaires du monde, je dis bien du monde; mais cela ne devrait point nous décourager et nous empêcher d'être ponctuels, de redoubler d'efforts, de ferveur et d'ardeur au travail, d'accroître notre rendement quantitatif et qualitatif, la quantité n'étant pas nécessairement incompatible avec la qualité. C'est dans cette optique que nous pouvons apporter au plan judiciaire des réponses urgentes et vivantes au règlement de multiples litiges auxquels nos concitoyens sont confrontés et dont l'issue peut quelques fois leur redonner l'espoir de vivre.

Vivre pour les autres, travailler pour ses semblables, résoudre au mieux leurs problèmes, se sacrifier pour son pays en vue de l'intérêt général est la meilleure façon de réconcilier les différences et les contradictions pour bâtir l'humanité dans la solidarité et la diversité.

C'est ainsi laisser sa petite empreinte sur l'œuvre immense de la construction nationale.

Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, Très Chers Maîtres,

L'année dernière déjà, nous interpellions à nouveau l'ensemble des personnels judiciaires en général et ceux de la Cour suprême en particulier pour leur louable et inestimable contribution à la consolidation des acquis de l'action engagée par les pouvoirs publics et toutes les forces vives de la Nation pour le développement économique et la lutte contre la pauvreté.

A l'aube de l'année 2009 nous pouvons légitimement être fiers de notre modeste contribution à la consolidation du processus démocratique et partant de l'Etat de droit par la gestion du contentieux des élections législatives et municipales. Il n'en demeure pas moins que la lutte contre les crimes économiques reste d'actualité.

A cet égard, nous devons continuer à contribuer à notre manière au développement de notre pays en veillant à assainir le monde des affaires dans lequel l'imagerie populaire voit à tort ou à raison, mais beaucoup plus à raison qu'à tort une jungle; la délinquance économique peut être non seulement civile mais aussi pénale: nous ne saurions donc nous borner à régler les litiges civils, sociaux et administratifs, mais aussi à poursuivre et punir tout auteur dont les actions sont génératrices d'erreurs et de perturbations diverses, de dégâts, d'abus et de détournement de toute sorte; il faudrait alors réparer ceux-ci tout en redressant et régulant celles-là; ce sera tantôt l'œuvre de la balance, tantôt celle de l'épée, symboles de la justice.

Mais il importe également que tous les acteurs de la justice jouent leur rôle.

Que soit révolu le comportement de certains auxiliaires de justice qui, pour l'appât du gain, s'ingénient à induire les magistrats en erreur. Dans cette perspective, il faut des avocats compétents, indépendants, intègres, courageux, pour tout dire sérieux dont l'activité doit être empreinte de respect des principes de dignité, de délicatesse, d'honneur et de loyauté envers les juridictions, les magistrats, les confrères et les clients.

Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, Très Chers Maîtres,

Des distinctions honorifiques ont été décernées à deux de nos collègues au titre de l'année 2008: les Avocats Généraux NJIEMOUN MAMA et EJANGUE EKAMBI Adolphe.

C'est le lieu et l'occasion de rendre un hommage appuyé à ceux-ci pour leur contribution au bon fonctionnement des services judiciaires: l'élévation du premier à la dignité de Commandeur de l'Ordre National de la Valeur et du second à celle d'Officier de l'Ordre National de la Valeur en sont la juste récompense et le symbole de la reconnaissance de la patrie. Aux hommes méritants la patrie reconnaissante, a-t-on coutume de dire.

Chers Collègues récipiendaires,

Les dignités auxquelles vous serez élevés et qui vous magnifient ce jour doivent être méritées tant il est vrai que les honneurs accordés à un homme indigne ressemblent à une flétrissure.

Ainsi comme l'a dit Machiavel vous garderez toujours à l'esprit que ce n'est pas le titre qui honore l'homme mais l'homme qui honore le titre.

Sachez donc que la reconnaissance est la mémoire du temps et qu'elle revêt trois dimensions: un sentiment aux fins fonds des fibres du cœur, une expression de remerciement et un don en retour.

Il vous faudra donc satisfaire à cette exaltante exigence. C'est peut-être cela le revers de la médaille.

Votre choix servira certainement de leitmotiv pour tous les autres collègues.

Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, Très Chers Maîtres,

Une année s'achève, une nouvelle année commence. Cesserons-nous jamais d'évoquer la fuite du temps?

Nous voici à nouveau rassemblés dans ce temple de la justice pour célébrer notre raison d'être à tous, à savoir des serviteurs de la justice. Moment de communion et de réconciliation où délaissant toges et salles d'audience, la grande famille judiciaire se retrouve pour se repenser et prendre un nouvel élan. Moment de réflexion, et de dialogue aussi entre le sommet de la hiérarchie et tous les autres collaborateurs qui exécutent au quotidien et dans l'anonymat les tâches indispensables au bon fonctionnement de l'institution, mais dont les efforts ne sont souvent pas assez récompensés. Est-il nécessaire de dire que les droits professionnels se déclinent aussi en droits de l'homme.

C'est donc pour célébrer ces hommes et ces femmes de l'ombre que je terminais mon propos de l'année dernière à la même période par ces phrases; vous me permettrez de blesser ma modestie en me citant:

«Plus que par le passé, les personnels judiciaires devront éviter tout comportement susceptible de ternir l'image de la justice, car celle-ci doit demeurer en tout temps et en tout lieu le refuge de tous ceux qui sont en quête de la protection de leurs droits.

Dans cette optique nous exhortons le personnel non magistrat de la Cour suprême et celui des juridictions de Yaoundé à envisager, au début de chaque année judiciaire avec les chefs desdites juridictions et le Secrétaire Général de la Cour de céans, la possibilité du choix du meilleur greffier ou agent qui se serait distingué au cours de l'année précédente par son ardeur au travail, ses relations avec les justiciables, ses pairs, ses supérieurs hiérarchiques, bref par son bon comportement».

Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, Très Chers Maîtres,

La spécificité des missions régaliennes et les orientations novatrices dévolues à la justice font de son personnel une ressource capitale nécessairement assujettie à l'éthique déontologique, la responsabilisation et la quête permanente de l'excellence. C'est donc l'occasion pour nous de remettre sur la sellette le sens du devoir et son alternative anti corruption.

En effet, les justiciables se plaignent beaucoup des forces et surtout des faiblesses des acteurs du monde judiciaire. C'est à nous-mêmes qu'il appartiendra de redorer le blason de la justice et partant d'en accroître la crédibilité.

Je vous exhorte donc à faire votre devoir sans faille. Certes travailler pour rien ou sans recevoir la juste contrepartie peut entraîner le découragement: mais vous devez garder à l'esprit, comme l'a exprimé Sénèque, que la récompense d'une bonne action c'est de l'avoir accomplie.

Puisse cette cérémonie de distinction des meilleurs agents constituer un stimulant pour tous ceux fort nombreux (j'en suis convaincu) qui ne sont peut-être pas moins dignes de nos éloges et qui ne manqueront pas à la prochaine édition de monter sur le podium.

Aux heureuses et heureux récipiendaires de l'ombre je rappelle que c'est un pesant fardeau d'avoir quelque mérite et comme l'enseignait Plaute au IIe siècle avant Jésus Christ «Le caractère du vrai mérite est de n'être jamais content de soi».

A l'occasion de la présente cérémonie, les heureuses et heureux récipiendaires sont les suivants:

  • à la Cour Suprême, Madame NJOH NJINDA Mercy, Greffier Adjoint;
  • à la Cour d'Appel du Centre, Madame KOUNOU née NGO MANDENG Xaverie Elodie, Greffier;
  • au Tribunal de Grande Instance du Mfoundi, Monsieur KOUSSOK MACK Jean Marie, Greffier Adjoint;
  • au Tribunal de Première Instance de Yaoundé Centre Administratif, Monsieur DIKONGUE Léa Gaston, Greffier Adjoint;
  • au Tribunal de Première Instance de Yaoundé Ekounou, Monsieur BOUBA, Greffier Principal.

Est-il besoin de préciser que ceux-ci ont été choisis démocratiquement par leurs pairs?

Nous sommes profondément heureux et leur adressons nos chaleureuses félicitations pour leur manière de servir et pour le respect de la hiérarchie. Nous les encourageons à persévérer dans cette voie.

Enfin permettez-moi en mon nom personnel et au nom de Monsieur le Procureur Général près la Cour suprême, tout en vous réitérant nos remerciements pour les vœux que vous venez de nous adresser ainsi qu'à nos familles, de formuler en retour les souhaits de bonheur, de prospérité, de santé et de réussite dans toutes vos entreprises pour vous-mêmes, vos familles et tous ceux qui vous sont chers.-

Bonne et heureuse année 2009.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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Information sur la Cour Suprême du Cameroun: 

Audience de rentrée solennelle de la Cour Suprême : Jeudi le 25 février 2010.

 
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